J'ai rêvé m'être réveillée sous le sol. Au sens littéral comme au figuré.
1, 2, 3...

Les paupières closes et l'épiderme entièrement blanc. Aucun poul ne battait la fréquence et aucun mot ne sortirait plus jamais à nouveau de cette bouche. Le corps se trouvait au sol découvert par les parents meurtris.
Je voyais mon propre corps découvert par mes proches puis je filai sous le sol. (Underground)

J'ai vu la peine des proches, j'ai entendu leurs pleurs et lamentations, leur peine était la mienne.
Et j'essayai tant bien que mal de leur montrer qu'au fond, j'allais bien. Du moins, que j'étais là, que j'étais consciente et que je souffrais tout comme eux souffraient de ma perte.
Alors, je déployais mes moyens, très faibles et maigres, pour leur montrer que j'étais encore là, que j'entendais ce qu'ils disaient.

J'essayai de bouger quelque chose, les feuilles d'une plante, une chaise; légèrement car trop lourde.
Mais quoi que je fasse, je ne pouvais parler, je ne pouvais m'exprimer. Alors, frustrée je reparti, je ne pouvais leur apporter le réconfort qu'ils attendaient. Et ça me tuait plus que la mort elle même.

Je les voyaient au fil des jours, des semaines peut être, essayer de se remettre de cela, tout en les voyant toujours pleurer et regretter, se morfondre. Et au rythme que moi j'observais, je m'écroulais dans une mélancolie et une douleur innomable.
Je devais me faire à l'idée de regarder leur peine, sans pouvoir rien y faire, et essayer de se remettre de mon absence, alors que je souffrais de cette perte autant qu'eux, sans personne pour me réconforter. j'étais seule. Inconsolable, désespérée et avec une multitude de regrets et de remords.

 

 

Un rêve bien étrange au fond. De se sentir à la fois invisible, de ne pouvoir être ni vue ni écoutée, de ne pouvoir réconforter ceux que l'on aime et qui nous aimes en retour, malgré toute notre folle volonté.

J'écoute trop mes rêves, m'a-t-on dit une fois. Et c'est vrai, mais elles m'offrent de nouvelles perspectives, vécus et réponses.