J'écris avec une marge de treize heures. Ca me donnera amplement le temps de me soulager, peut être, qui sait?

Vous chers lecteurs, qui me lisez, qui arpentez mon blog chaque jours, soirs, en esperant y trouver je ne sais quoi, et bien je vais vous raconter une histoire. Une histoire banale pour certains, mais une histoire toutefois qui reste, celle qui vous marque à vie et qui vous change. Je pense que chacun en as vécu une, et si ce n'est pas le cas, sans doute un jour vous connaitrez ça, du moins, je vous le souhaite qu'à moitier. Car ça détruit, autant que ça apporte de la joie et un sentiment d'être compris autant que de comprendre quelqu'un.
Mais le plus triste, c'est quand il reste qu'une seule personne pour la raconter. Non pas qu'il soit mort, mais c'est tout comme.

Il y a dix ans, j'étais une personne seule et triste, vraiment solitaire. Je n'avais pas de vrais amis, ou du moins, je ne le voyait pas. J'écrivais la plupart du temps, je dessinais rapidement, pour confier ce que j'avais en moi. Ma peine, ma lassitude, de la rage.

Un beau jour, et ce jour, c'était il y a exactement dix ans, jour pour jour. C'était une journée chaude du mois d'octobre. J'avais rencontré récemment un groupe d'amis plus ou moins gothique. Oui. Bon. Mais ils étaient tous adorables, bienveillants, ils ne cachaient pas ce qu'ils avaient. Je me retrouvais en eux, plus qu'en moi même à l'époque.

Dans les alentours de 12h, j'allais me rendre manger. Il faisait une chaleur pas commune à cette période, je m'en souviendrais toujours.
Le ciel était clair et une légère brise soufflait.
C'est incroyable à quel point ma perception de ce jour là reste clair en moi; le temps, mes pensées, ma démarche, et la sienne.
Je pensais à ce moment ci comment j'allais survivre encore jusqu'à la fin de cette période. Si ma lassitude s'en irait un jour.
Puis... Le black out. Un énorme trou noir.
Je faisais face à une personne. De grands yeux intrigués, et une démarche qui sans doute me plu, je n'en sais rien.

En fait, je n'arrivais plus à réfléchir. Qui était ce ? C'est quoi cette impression?

Et depuis, je me demandais qui était cette personne. Bon. J'ai déjà raconté mille fois ce moment. Raconté que, après, mon groupe d'amis tout excité, me renseignais sur cette personne étrangère et familière. Je me disais qu'ils se trompaient, ils devaient confondre.

Et depuis, des choix parfois injustes comme les paroles, des choix difficiles, des choix pris sans penser qu'ils en étaient.
On a rencontré plusieurs chemins, des occasions de se disperser, de se laisser sans jamais le faire.
Pour finalement que ça soit il y a peu. Je pleure toujours parfois, sans raison apparente. J'ai des blessures pas faciles à panser.
Je pense, ou j'espère du moins, même si c'est cruel, que je ne suis pas la seule à avoir été blessée au final. Ou oubliée.

Je ne vous raconterez sans doute pas tout, car c'est flou, dans le sens où je n'ai pas toujours compris; de ses agissements ou des miens.
Pour les miens, la plupart du temps, j'ai été blessée, par un fait ou geste, un dire, alors j'agissais en suivant ma colère et ma peine.
Je me souviens de la douleur que me faisait mon coeur, en y repensant. C'était douloureux. C'était comparable à une cascade de sang qui démarrait dans le coeur, et déversait son produit froid dans mes veines, me causant souvent des frissons de douleurs.
Des vagues incontrolables et difficiles à contenir.

Du coup, sans doute est ce que ça a été le déclenchement... D'avoir voulu m'éloigner pour ne plus souffrir. Du moins, essayer de changer de sentiments, mais est ce possible?

Il y a des mots qui restent, et d'autres qui partent dans le vent. Les promesses, non tenues. Les je t'aime, envolés. La peine, elle seule reste. Et la solitude avec. La misère.

De notre rencontre, qui m'a changée en profondeur à vrai dire, j'en garde l'astonishment (anglais, je trouve pas l'équivalent français) face à beaucoup de choses. L'empathie, l'amour, l'amitier. J'étais un peu comme un robot avant ça. Du moins, mes attaches n'étaient pas fixées.

Mais, n'esperons nous pas d'être de mieux en mieux dans notre être? Une meilleure personne à la fois pour soi et pour autrui ?

J'espère l'être, ou le devenir. Il y a tant de choses que je n'oublierai pas. Que je préfèrerai oublier ou que je ne souhaite pas.

J'aurai voulu, je crois, que l'on continu au moins à se parler toujours, que je puisse dire encore "joyeux anniversaire" ou "heureux 10 ans, tu vois c'est vite passé!" ou bien "tu me manques", "merci pour ces images que tu m'envoie toujours".

C'est difficile seule.

J'ignore encore si le pire est de parler à quelqu'un et que ça nous fasse souffrir,ou de ne plus lui parler et que ça semble comme une mort quotidienne.


Demain soir j'irai au toit. Pour "fêter" ces 10 années qui ont passés. Pour faire le point entre tout ce qui a pu changé, mentalement.
Le mieux et le pire.

Je sais que je n'irai jamais mieux, car, qui peut aller mieux lorsqu'un proche te dit qu'il ne te laissera jamais, mais qu'il le fasse?

Merci pour vos écoutes, je continuerai ce texte un peu plus tard.
J'ai trop de choses à dire et ça reste lourd de sens.

Qui êtes vous?

 

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Suite.

Je me suis rendue compte de tant de choses. En l'espace d'une journée. Je ne dirai pas que j'ai accompli mon étape du deuil, car je suis passée par toutes les étapes, parfois dans l'ordre, souvent dans le désordre; la colère, le déni, la tristesse (ou dépression plutôt), l'acceptation, l'expression.

Pour ma part, je les classifie ainsi: la colère, le déni, la tristesse = depression, le rejet et l'acceptation. J'y ajoute le rejet, car je rejette l'autre, ce que ce fut pour moi.
Mais je n'en fini pas avec ces boucles incessantes.
Je me suis rendue au toit, je m'y trouvais seule, sous un ciel de lourdeur, d'accablants souvenirs heureux.
Je me souvenais de chaque sentiments que j'ai pu ressentir là bas, seule ou entourée. J'ai vu les changements de l'endroit: les barreaux ajoutés pour empêcher quiconque de monter, la dégradation des lieux.
Mais j'ai surtout constaté, que j'étais bel et bien la seule à être venue. La seule à y être dix années après. A revenir au commencement.
je pense que, j'avais besoin d'y retourner, comme une ultime étape dans un pelerinage, celui du grand marcheur qui fini sa route au point décisif. Pour un chrétien, ça serait comme aller au Vatican.
Point culminant de sa religion.

Je le pleurerai toujours, et bien que je ne trouve pas de solutions, j'en ai tout de même, eu l'alternative d'une. Celle, de ne pas oublier, mais de me consacrer à ce que j'ai pu faire ou ressentir, de bon et de moins bon.
Et d'attendre, si un jour son pardon trouve de la place. Ou s'il ressent du manque vis à vis de moi, même si j'en doute. Ou s'il lui prend l'envie de parler, je serai toujours là.


J'ai compté plus de 16 visites d'une même adresse IP avec des variances en moins de 4 jours.
Je devine que tu as beaucoup de temps libre à me consacrer. Je me demande ce qui t'amène ici, ces soirs ou journées. Te sens tu seul au fond? Un peu comme moi? Ou... Ou tu aimes juste mes mots, qui se perdent et mon âme qui peine à s'exprimer ?

Je vous dis bonne soirée. J'ai le coeur qui saigne. Encore.